Marseille -machine à coudre -24/10/2009

Ce soir encore, la Machine à Coudre assure son statut de lieu indispensable, à des années lumière de la déambulation mondaine. Ici on ne vient pas pour se faire voir et faire croire qu'on assiste à un concert, mais pour se prendre des shoot électriques, ressentir physiquement la musique.
Ce soir donc, ce sont les Lofi Records qui organisent un concert placé sous des auspices bruitistes, mais d'obédiences différentes.

Cela commence par Renard jaune, premier concert pour ce nouveau composé de vieux briscards, à savoir le guitariste des *25* et au chant un lascar qui hante tout comme nous la Machine et l'Embobineuse côté public. Et cette fois sur scène donc. Au chant. Enfin plutôt à la voix, vu qu'on est plus dans le spoken word. Et quelle voix ! Un côté Iggy Pop qui égrène ses textes, un peu le côté viscéral et hypnotique d'un The Event by The Ex. A côté de ça, Ben, assis sur tabouret, torture sa gratte pour en sortir des sons entre blues glauque mais surtout noise obsessionnel, le gars aimant bien martyriser sa disto. 

On change de génération avec Drone Juice, un combo chaudement recommandé par Philippe von LiM et qui effectivement est carrément en place. On pense un peu aux Nitwits en moins barré, une rencontre entreSonic Youth et les Dinosaur Jr avec une pointe de grunge Nirvanesque, le genre de groupe de gamins (désolé, je suis vieux !) ultra-doués mais qui savent importer de la personnalité dans leurs compos, ne pas faire juste les 1ers de la classe. Bref, l'oiseau rare. Entre montées bruitistes, groove saturé voir des envolées limite psyché, le groupe a assuré sévère. Comme quoi, les vieux cons blasés ont définitivement tord, on pourra toujours se régaler les esgourdes avec cette nouvelle génération qui arrive.

Deux bons groupes, la soirée a déjà été largement amorti, et pourtant c'est loin d'être le cas les Maria Goretti Quartet vont finir de distiller un chaos totalement jouissif à base de noise bien barrée, passant d'un free punk déstructuré à un déluge sonique hyper dansant, déclenchant une véritable transe hystérique dans le public. Une fois passées les attentes dues aux influences dont ce trio (malgrè leur nom) belge se réclame (The Ex, Crashs, the Fall, Sonic Youth, Pere Ubu…), on entre dans leur son qui ne rappelle pas forcement ces prestigieux aînés mais une cérémonie vaudou punk, qui à force de frénésie conduit à un pogo épileptique dans le public et une apocalypse sonore sur scène. 

Une soirée à éviter pour les oreilles délicates, mais qui aura fais jouir celles des adeptes des passions primaires présents.

www.myspace.com/dronejuice
www.myspace.com/gorettiquartet

 

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